Solidarité Internationale 2009

12ème semaine de la Solidarité Internationale :

Cette semaine qui s'achève proposait, comme chaque année, à tout un chacun de participer à plus de 5000 animations originales  et conviviales partout en France.
L'APALEF s'y est bien sûr associée, par le biais d'une soirée Rencontre et Lectures d'Afrique Francophone.
Cette soirée était organisée par la Bibliothèque du RHEU, en partenariat avec les 3 associations de solidarité de la commune :
BAGUISAMA, LACIM et donc APALEF.

Chacun était ainsi invité à présenter un livre, un roman, une bande dessinée ou simplement à venir en auditeur pour entendre parler d'un livre. L'objectif était bien sûr de faire découvrir des ouvrages, mais aussi, pourquoi pas, inciter à les lire. Cela a donné lieu à une rencontre très conviviale, dans la bonne humeur.

                                     

Vous trouverez ci-après une description des livres qui ont été présentés au cours de cette soirée : pour chacun d'eux, la jaquette, un rapide résumé du livre ainsi que quelques mots sur l'auteur, et pour finir, la restitution audio de chaque présentation (au format MP3). Bonnes lectures.

              Dix chants africains de bien-être, par Elvire GUERN-DALBI    :          

     L'anthropologue et ethnomusicologue Elvire Guern-Dalbi a modélisé le fonctionnement des musiques
     traditionnelles africaines, afin qu'au travers de nouvelles procédures thérapeutiques il soit
     permis de réinstaurer l'estime de soi et la communication de malades désocialisés.
     Ce livre - CD apporte réponse à 10 situations conflictuelles : ne pas savoir dire non, avoir peur
     du regard des autres, ne pas savoir prendre de décision ...
     Chaque chant de bien-être combine 3 éléments : un conte initiatique, un morceau de musique, et un
poème récité sur la musique.
Le lecteur apprend à mieux comprendre l'information qui crée un blocage, et qui est cachée dans la musique et le conte. Il apprend également à mieux s'exprimer, afin de dénouer la situation conflictuelle du blocage.

              Black Bazar, par Alain MABANCKOU                                   Black Bazar :                   

                         Alain Mabanckou est né en 1966 au Congo-Brazzaville. Professeur de littérature francophone à 
     l’université de Californie-Los Angeles (UCLA), il est notamment l’auteur de Verre cassé et 
     Mémoires de porc-épic (prix Renaudot 2006).

     Le héros de Black Bazar est un dandy africain de notre temps, amoureux des cols italiens et des 
   chaussures Weston, qui découvre sa vocation d'écrivain au détour d'un chagrin d'amour. Naviguant 
   entre complainte et dérision, il brosse avec truculence un tableau sans concession de la folie 
   du monde qui l'entoure. Tour à tour burlesque et pathétique, son récit va prêter sa voix à toute 
 une galerie de personnages étonnants, illustrant chacun à leur manière la misère et la grandeur de la condition humaine. Un roman à la verve endiablée, tournant le dos aux convenances et aux idées reçues, par l'une des voix majeures de la littérature francophone actuelle.

              L'intérieur de la nuit, par Leonora MIANO                       L'intérieur de la nuit : 

                          « Lorsque tu t’es saisie de la dame-jeanne de pétrole que nous gardions pour allumer les 
        lampes-tempête au cours des trop nombreuses coupures d’électricité, la vieille Sésé s’est
        approchée. Elle a retenu ton bras. Tous, ils t’avaient vue me garnir les oreilles, les narines
        et le sexe de papier journal, afin que le feu prenne plus vite. Mes bras étaient attachés à la
        tête du lit. Tu m’avais sanglé les jambes après les avoir écartées. J’étais nue et ma peau portait
        encore les marques laissées par les bambous. »
             Accusée de sorcellerie, Musango, neuf ans, échappe de peu à la mort. Chassée de chez elle, elle 
                          erre dans les rues de la ville, chétive et affamée, avant d’être recueillie par une Française 
qui s’occupe des enfants démunis. Lorsque la communauté française est agressée par de jeunes rebelles, Musango s’enfuit et est enlevée par des trafiquants chargés de fournir des filles aux réseaux de prostitution européens. Décidée à retrouver sa mère, elle découvre un pays frappé de folie.
Léonora Miano dénonce les sévices subis par les enfants, la condition des femmes, la misère, la violence et la lâcheté collectives. « La vie est un exténuement. Qu’il y ait un matin ou qu’il y ait une nuit, elle n’en peut plus de ses fardeaux. » Dans cette Afrique au bord du gouffre où il faut survivre plus ardemment qu’ailleurs, où l’on oppresse, châtie, viole, mutile et tue sous couvert d’allégeance aux traditions, l’espoir semble n’avoir plus droit de cité. Avec ce deuxième roman, véritable voyage au pays des ombres, Léonora Miano se hisse définitivement au rang des plus grandes voix de la littérature contemporaine.

              Au pays des roseaux, par Caitlin DAVIES                     Au pays des roseaux :  

      Étudiante, Caitlin Davies a une vingtaine d'années lorsqu'elle rencontre aux États-Unis Ron,
      l'homme de sa vie. Alors qu'il retourne dans son pays natal, le Botswana, elle décide de l'y 
      rejoindre et s'installe avec lui à Maun, « le pays des roseaux ». Voulant faire sienne la
      culture setswana, la jeune Londonienne s'intègre complètement à la famille de Ron, lui donnant
      une fille et tombant amoureuse de l'Afrique et de ses traditions.

      Le climat ne tarde pas à s'assombrir : le Botswana des années 1990 est en train de changer – l'urbanisation et les ravages du sida ont transformé ce « joyau de l'Afrique » en un pays instable et violent.
Une violence qui va mettre à l'épreuve l'amour qui unit Caitlin à son mari et la tendresse qui la lie à son pays d'adoption…

              Ketala, par Fatou DIOME                                            Ketala :   

     « Au nom du respect de la mémoire, de notre éternelle fidélité à notre défunte maîtresse et en
     vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je déclare ouverte la séance de reconstitution de la
     vie de Mémoria. Que chacun de nous s’engage, solennellement, devant ses pairs et surtout face
     à sa conscience, à ne rapporter que ce dont il a été témoin. » 
     C’est le Masque qui a eu l’idée de cette transmission mutuelle du souvenir de Mémoria, venant
     lui-même d’une civilisation où les hommes se transmettent leur histoire et leur culture en se
les racontant de génération en génération. Ayant assisté à d’innombrables palabres au cours de son existence, il a été désigné pour conduire les débats. Pendant les six nuits et les cinq jours qui les séparent du Kétala, le partage des biens de celle qui vient de passer de vie à trépas, les meubles et les objets de l’appartement vont reconstituer tous ensemble le puzzle de sa vie.
Ils sauront alors ce qu’elle faisait dans ce lieu où elle les a rassemblés, comment elle a vécu et de quoi elle est morte. «Lorsque quelqu’un meurt, nul ne se soucie de la tristesse de ses meubles. » S’ils ne peuvent empêcher les humains de les disperser, chacun d’eux pourra ainsi partir vers n’importe quel horizon avec l’histoire complète de sa défunte et aimée propriétaire. « On ne peut pas toujours emmener les siens avec soi, mais on part toujours avec sa mémoire. »
Jongleuse de mots et d’atmosphères, conteuse hors pair jouant sur la musicalité de la langue, Fatou Diome donne corps à un récit sévèrement critique à l’égard des traditions. Le résultat est étourdissant d’intelligence.

              Aya, par Marguerite ABOUET et Clément OUBRERIE             Aya : 

     "Les lecteurs qui aiment danser avec de jolies filles en admirant leurs fesses devraient
     se précipiter sur « Aya de Yopougon »… Récompensé – à juste titre - au dernier festival
     d’Angoulême par le Prix du meilleur premier album, « Aya de Yopougon » raconte la vie
     quotidienne de trois jeunes filles d’un quartier populaire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.
     Il y a Aya, toujours sérieuse, en tout cas plus que ses deux copines Adjoua et Bintou : ces deux-là ne pensent qu’à gazer dans les maquis avec des galériens – si vous préférez, elles adorent aller danser dans les restaurants bon marché et en plein air avec de jeunes gens qui ont du temps à perdre…
La scénariste, Marguerite Abouet, connaît bien le sujet : née à Abidjan en 1971, elle s’est remémoré ses souvenirs de petite fille grandie en Côte d’Ivoire avant de venir vivre à Paris à l’âge de onze ans. « Aya de Yopougon » est sa première bande dessinée mais pas sa première histoire : elle a déjà écrit plusieurs romans qu’elle ne s’est pas encore décidée à faire lire à un éditeur…
Quant au dessinateur, Clément Oubrerie, il compte à son actif une bonne  quarantaine de livres pour la jeunesse, dessinés après avoir exercé trente-six métiers (ou à peu près) et s’être retrouvé dans un pénitencier du Nouveau-Mexique parce qu’il n’avait pas de papiers d’identité sur lui… Son dessin enlevé et vivant colle à merveille à ce récit publié dans la collection Bayou dirigée par Joann Sfar, autre adepte d’un trait en liberté.
« Aya de Yopougon » donne à voir une autre Afrique, loin de ces images de guerres, de misère, de sida et de génocides auxquelles les médias ont parfois trop tendance à réduire ce continent.

              L'empreinte du renard, par Moussa KONATE                 L'empreinte du renard :

      Au cœur du pays dogon, une série de morts bizarres alerte les autorités maliennes. L’affaire
      est délicate : les Dogons, très attachés à leurs traditions, vivent en marge de la société et
      sont redoutés pour la puissance de leur magie. Le vieux commissaire Habib, à la sagesse et au
      flair légendaires, est envoyé sur place. Mais le village entier se tait obstinément, et un
      étrange sorcier à tête de renard veille au respect absolu de l’omerta…

Essayiste, dramaturge et romancier, Moussa Konaté est considéré comme le meilleur représentant de la littérature malienne. Il partage son temps entre la France et Bamako, où il a créé une maison d’édition.
L’Empreinte du renard est le troisième volet des enquêtes du commissaire Habib.
« Une fable sur le conflit entre la modernité et la tradition, problématique au cœur de laquelle l’Afrique noire se débat depuis les indépendances. »

              Loin de mon village c'est la brousse, par Sayouba TRAORE   :                    

      Kougsalla, un village de la savane en pays moaga, se prépare pour la saison sèche quand une
      troupe d’infanterie coloniale prend possession du village. La vie change ; apparaissent
      les impôts, les réquisitions d’hommes pour les travaux forcés et pour l’armée, les recrutements
      de jeunes filles pour la mission catholique… L’absurde culmine dans cette frontière qui traverse
      dorénavant le village et le divise en deux camps irréconciliables.

Sayouba traoré, Burkinabè, poursuit des études d’histoire diplomatique et des relations internationales à Paris, quand il devient indésirable dans son pays. « Emprisonné dehors », il est ouvrier, enseignant, puis journaliste. Poète et nouvelliste, il a reçu le prix Radio France internationale pour sa nouvelle « L’Œuf » publiée dans Le Passé postérieur, Sépia. Il est également un des auteurs des Dernières nouvelles de la Françafrique.

              Contes d'Afrique, par Souleymane MBODJ   :                             

      Une pierre qui parle, une fillette qui discute avec le ciel, un lièvre plus rusé qu'un
      éléphant et un hippopotame réunis... Ecoutez ces contes où hommes et animaux jouent pour
      nous une drôle de comédie humaine ! Entre philosophie, humour et dérision, le conteur
      Souleymane Mbodj fait revivre toute la magie de la tradition orale africaine.

      Souleymane Mbodj est auteur, conteur et musicien sénégalais. Il se consacre à la transmission
des littératures orales Africaines depuis de nombreuses années. Conférencier et formateur il a enseigné pendant longtemps au cfmi de l'université de Paris Orsay. Il se produit régulièrement dans les festivals, les salons du livre, les médiathèques en France et à l'étranger. Il a publié quatre albums cd de contes d'Afrique aux éditions Milan. 

              Poulet-bicyclette et Cie, par Florent COUAO-ZOTTI         :                

      Poulet-bicyclette et Cie est un recueil de dix nouvelles écrites par Florent Couao-Zotti,
      l’un des plus audacieux écrivains africains. Nouvelle brève, nouvelle longue, nouvelle à
      la première personne, à la seconde, à la troisième, nouvelle en prose et nouvelle en vers,
      avec des titres énigmatiques tels que Métal rapiécé ou Brèves de mur et des titres poétiques
      tels que Les amants du soleil ou encore La Femme étoile.

Une écriture  vive et inventive avec des courses poursuites, des affrontements, des coups de feu, des métamorphoses, de la poésie, du mystère, du suspense et des rebondissements. Chaque nouvelle est unique et les textes sont poignants. Ils relatent des événements de la vie
quotidienne de marginaux et d’exclus de la société béninoise contemporaine qui vivent dans la banlieue proche de Cotonou, à Sème, Kraké-Plage ou encore Grand-Popo.

C’est une succession de personnages scabreux où se mêle l’or avec le fer, la réalité et la superstition, la vie avec la mort. « Le risque est le plus court chemin qui mène au miracle » dit l’auteur dans Femelle de ta race. Des vies d’enfants, d’hommes et de femmes qui se battent pour survivre ou faire vivre. Tels des poulets-bicyclettes élevés en liberté dans les concessions, les personnages sont résistants, s’adaptent aux situations les plus improbables et nous montrent, surtout, leur soif de vie.

               Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus, par Omar BA        :               

      Le Mot de l'éditeur : Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus
     Omar Ba, pour la première fois lève un tabou. Il ose dire aux Africains : « Ne venez pas !
     Immigrer en Europe est une impasse ».
     D’abord clandestin, il a tenté de gagner l’Europe au cours d’un périple qui a duré trois ans.
     Il a échappé plusieurs fois à une mort atroce, et est d’ailleurs le seul rescapé de son 
     embarcation de misère. Aujourd’hui, il vit en France avec un visa étudiant. Il affirme que
le paradis qu’on lui a vendu n’est qu’un leurre. Une double problématique s’installe : 
-finie l’Europe fantasmée, comme on a pu lui enseigner à l’école ou comme les touristes pouvaient lui faire croire. Il plonge comme les autres immigrés dans un monde dur, oppressant. Les désillusions se succèdent de petits boulots en déconvenues. Il tente d’affronter le quotidien, au bord de la dépression.
- au pays, impossible d’en faire part à la famille, au village. Il faut afficher une belle réussite, par honte et culpabilité, pour ne pas décevoir. Un véritable racket institutionnalisé s’organise sous forme de virements pour la famille restée au pays. Il faut survivre pour les autres.

Aujourd’hui, Omar Ba hésite à rentrer. Il veut finir ses études, ce pour quoi il est venu. Il plaide pour que ses amis rêvent d’Afrique. Il met en cause les politiques africaines scolaires et économiques, souhaite empêcher l’expatriation dans les secteurs névralgiques, et une meilleure gestion des flux migratoires.

Après Soif d’Europe, un témoignage très remarqué par les médias sur l’immigration clandestine, Omar Ba, revient et il va surprendre. Dans un livre teinté d’autodérision, étayé de témoignages vivants, d’anecdotes enrichissantes et d’analyses pertinentes, il raconte ses tentatives pour s’adapter à la vie en France.